The Cloud

Cela fait plus de dix ans que j’écris au sujet de l’IT et j’ai déjà vu passer pas mal de tendances. Qui m’ont du reste souvent agacé. Il y a un an ou deux, je me suis étonné de l’intérêt suscité par l’iPhone –nota bene, un téléphone. J’ai également trouvé exagéré tout le battage autour du lancement de Windows Vista à l’époque – et cela pour un système d’exploitation.
Mais l’intérêt que portent les sociétés IT au cloud computing est cependant lui aussi du même acabit. Alors qu’il y a un an ou deux, tout le monde parlait d’IT verte, ce thème a été relégué à l’arrière plan. Maintenant que le réchauffement climatique est manifestement au frigo, nous pouvons tous lever les yeux vers le ciel. The cloud is the new green.
Si je jette un coup d’œil à tous les articles et communiqués de presse dans ma boîte de messagerie qui font référence au cloud computing, je peux définir le terme comme suit: le cloud computing est en quelque sorte n’importe quel système informatique imaginable, donc aussi bien la puissance de calcul que le stockage et dans la foulée, les applications, qui est proposé de l’extérieur, par exemple via l’Internet.
Une définition que je dois d’ailleurs déjà rectifier. Car je rentre juste d’un voyage de presse de l’entreprise technologique EMC où l’on parlait sans arrêt d’un external cloud et d’un internal cloud, dans le centre de données de la société. Pour EMC, le nuage est plutôt une architecture. Microsoft, un autre acteur que l’on peut difficilement ignorer, joue lui aussi à fond la carte des logiciels hybrides. Intra-muros quand il le faut, extra-muros quand c’est possible. Car le raisonnement est le suivant: tout ne se retrouvera pas quelque part dans les nuages.
Voilà qui offre bien sûr matière à discussion. Personnellement, je n’ai encore jamais rencontré de manager IT me faisant part de son intention d’envoyer tout ce qu’il possède dans le nuage la semaine suivante. Cela ne me paraît pas être une bonne idée. Car sur PowerPoint, ce nuage fonctionne bien sûr parfaitement. De belles dias, du reste. Mais la réalité technologique est différente. Sans parler de la forte régulation dont les sociétés doivent tenir compte lorsqu’elles mettent leur données ailleurs, en dehors des frontières nationales, par exemple.
Le cloud computing est avant tout un bel exemple de recyclage. Il a quand même beaucoup de choses en commun avec l’IT verte. Une société d’hébergement qui proposait la sauvegarde en ligne, positionne maintenant ce service comme une sauvegarde dans le nuage. Il y a quelque temps, j’ai discuté avec un chercheur chez HP Research aux Etats-Unis au sujet de leurs projets de recherche en matière de cloud computing. Et alors? HP a simplement rebaptisé tous ses projets utility computing en cloud computing.
Il y a suffisamment de place dans les nuages. L’une des nombreuses significations que l’on a attribué au cloud computing, est certainement le prolongement de ce l’on appelait avant utility computing, computing on demand ou grid computing. Chez HP, le projet n’a par exemple pas changé d’un poil, mais a de suite obtenu plus d’attention de la part de la presse et du public. On pourrait presque trouver cela génial.










