Selon Jean-Claude, le CEO de NEC Computers, l’ère de l’ordinateur de réseau est finalement arrivée. Et NEC se trouve selon le patron français – dont l’épouse est d’ailleurs liégeoise – dans la position unique de réaliser cette prédiction. Il faut cependant remarquer que cette évolution ne doit pas nécessairement être un scénario catastrophe pour le reseller.
J.-C. Tagger s’est récemment arrêté à Bruxelles lors de sa tournée en France et au Benelux organisée par le patron de NEC pour rencontrer des clients. "Pas seulement pour leur expliquer à quoi nous travaillons, mais aussi pour écouter en détail leurs besoins et leurs préoccupations" explique-t-il. L’évènement de Bruxelles ciblait spécifiquement les utilisateurs du secteur de la santé, pour lequel NEC a développé une série de solutions adaptées.
Au centre de ces solutions se trouve l’ordinateur de réseau, un thin client dépourvu d’espace de stockage et d’unité cd ou dvd mais avec un système d’exploitation virtuel et des processus critiques qui tournent sur un serveur.
"Le monstre du Loch Nest du secteur IT" comme dit-on dédaigneusement. On annonçait déjà cette technologie au milieu des années ’90 comme alternative au PC, à qui les partisans de cet ordinateur de réseau prédisaient immanquablement une mort rapide. En pratique, on n’en a pas vu grand-chose.
Écologique
Mais selon J.-C. Tagger, une série d’éléments nouveaux ont donné un fameux coup de pouce à l’ordinateur de réseau. "Tout d’abord, le débit qui lui est nécessaire est finalement disponible. On peut dès lors construire un réseau d’entreprise en mesure de faire tourner tous les clients connectés sans ralentissements gênants. La progression des techniques de virtualisation y est associée, elles ont en effet contribué à la baisse importante des coûts des serveurs."
Un second élément, selon J. -C. Tagger en est le besoin pour le manager de contrôler son parc informatique à 100%. "Une stratégie solide et rigide de sécurité est devenue une nécessité pour garantir la business continuity d’une entreprise. Et il est plus facile de gérer la sécurité avec les thin clients fermés qu’avec des PC."
Finalement, il y a un aspect… écologique. "Saviez-vous que le prix d’achat d’un PC ne représente que 15% du prix de revient total de cet appareil?" affirme J.-Cl. Tagger. "Le reste comprend l’entretien et la consommation. Un ordinateur de réseau ne consomme que 10% environ de la consommation d’un PC. Elle est bien sûr ajouter la consommation dans l’espace dévolu aux serveurs, mais dans on ensemble, le bilan est toujours favorable aux ordinateurs de réseau. Avec un seul serveur, on peut servir une cinquantaine de clients. C’est pourquoi nos clients ne font pas de bruit puisque ils ne contiennent aucune pièce mécanique."
Autre point à ne pas négliger: pour les entreprises qui veulent passer à Vista, mais reculent du fait des frais élevés de matériel ou d’éventuels problèmes de compatibilité, la solution de NEC est une alternative possible. L’utilisateur final peut en fait choisir entre Windows XP ou Vista comme système d’exploitation qui va s’afficher sur son écran. Pour le matériel, ça n’a aucune importance.
VOIP intégré
Que NEC – Nippon Electronics Corporation – soit justement un fervent partisan de l’ordinateur de réseau ne surprendra pas quand on examine la structure de la société. Tout d’abord, il y a le département matériel, qui peut se mesurer à l’aise avec IBM, selon J. C. Tagger. Le second pilier de NEC en est la division réseau, qui selon J. C. Tagger, peut être considérée comme un concurrent pour des entreprises comme Alcatel-Lucent. Et enfin, il y a la division des composants, d’où sont issues pas exemple récemment de nouvelles solutions de stockage.
"Grâce à nos compétences dans ces trois, nous nous trouvons sur une position unique" affirme le patron de NEC. "Aucune autre société n’est mieux placée que NEC pour faire un succès de l’ordinateur de réseau: nous pouvons développer nous-mêmes le matériel nécessaire, les technologies réseau et tous les éléments essentiels d’une telle architecture, avec les outils indispensables pour une gestion optimale. Nous avons développé dans notre division Composants le processeur pour les thin clients que nous envisagions. Il y a à cela un élément particulier, à savoir que nous ajoutons à ces appareils des fonctions multimédia et les concevons pour être utilisés avec le VOIP."
Ce dernier point n’est pas un atout négligeable, et sûrement pas un vieux rêve de l’hitoire encore jeune de l’IT qui referait surface: unified communications. Et n’oublions pas de remercier Microsoft, qui s’est engagé fortement dans ce phénomène avec ses nouvelles versions d’Exchange et de Live Communications Server.
Et le travailleur nomade?
Dans certains pays voisins, NEC a déjà pu convaincre une douzaine d’entreprises d’opter pour cette architecture. C’est surtout dans les call centers et l’enseignement que ce concept devrait s’introduire au mieux. Dans de nombreuses entreprises ou organisations, la situation est nettement plus complexe qu’il y a dix ans, quand le concept d’ordinateur de réseau a fait surface. Les salariés sont surtout devenus plus mobiles et sont rarement assis à leur bureau.
J.-C.Tagger admet que cette évolution rend les choses un peu plus complexes, mais affirme que son entreprise propose des solutions raisonnablement adéquates. "Nous avons par exemple des thin clients mobiles qui ne disposent ni des fonctions multimédia ni VOPI. Dans notre gamme, on trouve des appareils basés sur la technologie vPro d’Intel et donc ont des résultats bien meilleurs que ceux des PC normaux en matière de contrôle et de sécurité. D’autre part, l’OS virtuel peut également tourner sur tous les ordinateurs suffisamment protégés. On peut donc se connecter au thin client au bureau, en déplacement sur un laptop ou chez soi sur un PC. Bon, d’accord: même avec ces solutions, il n’est toujours pas simple de gérer un réseau aussi varié. Mais nous en sommes bien conscients et on y travaille encore."
Bonne nouvelle pour le reseller
Une poignée de serveurs et une batterie de thin clients bon marché sur lesquels tournent des systèmes d’exploitation complets mais virtuels: le reseller ne sera sûrement pas enthousiaste. Avec autant de PC et des licences complètes, il y a à première vue bien plus à gagner. Mais J.-C. Tagger n’est pas d’accord: "Ce business model classique est depuis quelque temps sous pression. Les clients sont à la recherche d’alternatives et sont prêts à payer un prix correct. Celui qui peut proposer une plate-forme facile à gérer et sécurisable sera reçu bras ouverts. Ce qui veut dire également qu’en tant que reseller, on peut demander un prix raisonnable pour des services intéressants. Pensons par exemple à un pare-feu central, des systèmes de back-up, éventuellement même une gestion à distance."
"Admettons, le reseller doit un peu adapter son business model pour pouvoir en profiter pleinement" ajoute-t-il. Et avec son sourire le plus agréable au visage: "Et peut-être même plus qu’un peu".
En Belgique, NEC coopère avec Copaco pour la diffusion de cette plate-forme. Naturellement, tous les resellers ne peuvent fonctionner avec une solution de ce genre et la société a précisément développé un programme permettant de donner le statut de partenaire VIP. On attend ici un certain engagement du reseller, mais il sera récompensé par un large support et des leads intéressants. NEC n’a aucune relation directe avec les clients potentiels.