La filiale belge de l’éditeur britannique The Sage Group ne s’appelle plus Sage Bob Software, mais simplement Sage. Selon Philippe Tailleur, le fondateur de Bob Software, cela ne veut nullement dire que sa société va perdre son caractère local. Au contraire, un nouvel établissement va être créé à Gand pour renforcer les liens avec les clients flamands. Pour accomplir les projets – ambitieux – de croissance, vingt nouveaux partenaires sont demandés.
Les nouveaux bureaux de Sage se trouvent à Sint-Martem-Latem. Comme les travaux se poursuivent encore, nous nous sommes entretenus avec P. Tailleur dans un endroit un peu plus calme: l’Auberge du Pêcheur toute proche. Malheureusement trop tard pour déjeuner et trop top pour dîner.
Ce nouvel établissement est le troisième bureau de Sage qui avait jusqu’ici des établissements à Zaventem et à Liège. Ainsi P. Tailleur et ses collègues se sont résolument lancés à l’attaque du marché flamand qui est selon eux intéressant pour les logiciels de Sage, principalement pour les applications CRM. "Nous sommes convaincus que 70% du marché du CRM se trouve en Flandre" affirme-t-il. "Les entreprises sont ici plus dynamiques et plus ouvertes à l’automatisation."
Business intelligence
Sage est l’un des principaux éditeurs de logiciel du monde. L’entreprise est marquée par deux particularités. Tout d’abord, les activités ciblent les PME à 100%. Et en plus, Sage s’associe dans chaque pays à des entreprises locales pour développer des versions locales de ses produits. Cela s’est passé il y a trois ans en Belgique, où Bob Software a été fondé en 1999 par P. Tailleurs. "A propos de la législation, il y a de fortes disparités entre la Belgique et les pays voisins" affirme P. Tailleur. "Quand on sait par exemple qu’aux Pays-Bas on paie la TVA quand le client a payé la facture alors qu’en Belgique, il faut le faire même pour des factures encore impayées, on peut s’imaginer les conséquences que cela peut avoir. Ainsi, chaque pays a ses particularités qui doivent être répercutées dans le logiciel."
La raison sociale de l’entreprise change certes, mais son produit le plus connu continue à s’appeler Bob. La version la plus récente s’appelle par exemple Bob 50 et l’an prochain, Bob 30 est au programme. Cela est surtout dû à la réputation de ce produit qui doit se laisser dépasser que par Cubic.
Au cours de 2008 une version de Bob 50 basée sur une banque de données relationnelle sera commercialisée et elle pourra être équipée en option d’un module de business intelligence basé sur Business Objects. Il était temps, affirme P. Tailleur, parce qu’à ses yeux, la business intelligence est d’une importance vitale pour les PME. "Quel est l’atout majeur des PME, surtout par rapport aux grandes entreprises? Elles réagissent rapidement aux opportunités dès qu’elles se présentent. Pour pouvoir le faire, il faut savoir ce qui occupe en ce moment ses clients, quels sont les facteurs qui jouent un rôle maintenant – et pas ces dernières semaines ou ces derniers mois. Il faut pouvoir réagir immédiatement. Le logiciel de gestion ne doit pas être un obstacle aux modifications nécessaires."
Invitation aux concepteurs locaux de logiciels
42 personnes travaillent pour Sage en Belgique et au Luxembourg. Huit devraient s’y ajouter cette année. Le nouveau bureau qui va bientôt s’ouvrir à Gand pour soutenir le réseau de vente en Flandre orientale et occidentale et d’une partie de la province d’Anvers accueillera cinq nouveaux collaborateurs.
En Flandre, Sage a actuellement une cinquantaine de partenaires, sur un total de 150 en Belgique et au Luxembourg. P. Tailleur espère agrandir cette année son réseau d’une vingtaine de partenaires supplémentaires. Il espère entre autres les trouver parmi les développeurs locaux de suites de comptabilité et d’ERP. "Dans la seule Flandre, il y a une centaine de programmes qui ont été développés il y a dix ou vingt ans pour un seul client et servent actuellement peut-être à cinquante ou cent clients" explique Ph. Tailleur. "Mais ils ne sont absolument plus adaptés aux besoins des PME d’aujourd’hui. Ces développeurs ne peuvent du reste pas suivre les évolutions technologiques les plus récentes. Tout est trop complexe et il n’est pas possible de travailler seul. Distribuer les logiciels de Sage me semble être une meilleure option. Comme l’histoire l’a montré, Sage a beaucoup de respect pour le savoir-faire des concepteurs locaux de logiciels, ils devraient donc recevoir l’appui nécessaire pour servir leurs clients de façon optimale. De plus, Sage ne vend que par un canal indirect. Pour nous, ce genre d’entreprises ou d’entrepreneurs sont intéressant en raison de leurs compétences et de leurs relations avec les PME locales."
Ambitieux projets de croissance
Pour 2008, Sage a d’ambitieux projets de croissance. Le chiffre d’affaires doit grimper de 27% et dans ce but, il va falloir vendre 37% de licences en plus. Au premier trimestre, qui vient de se clôturer, les chiffres ont été presque atteints.
Selon Ph. Tailleur, cette croissance est tenable parce que l’automatisation de nos entreprises ne semble pas encore entamée. "Maintenant, il y a par exemple les logiciels de comptabilité et de gestion des stocks et de la clientèle, mais à l’avenir, tous les aspects de l’entreprise seront automatisés. Et cela ne peut que faire du bien à l’efficacité des entreprises. Nous anticipons précisément sur ce point en développant déjà des versions de certaines suites pour s’harmoniser avec certains secteurs. Nous utilisons le savoir-faire que nous avons acquis dans une entreprise d’un secteur précis pour aider plus efficacement et plus rapidement des entreprises similaires à se réorienter. De ce fait, une large partie du budget IT reste disponible pour des projets permettant réellement au client de creuser l’écart par rapport à ses concurrents.
Software as a Service
Malgré ses nouveaux produits, son nouvel établissement et sa nouvelle raison sociale, Sage continue – comme avant, pourrait-on dire – à vendre des licences de ses logiciels. Ce secteur va-t-il pouvoir échapper à la tendance des grands fabricants qui proposent du "Software as a service" au lieu de licences?
"Un élément essentiel de l’expression software as a service, c’est le mot service. C’est ce que cherchent les clients. Mais cela est variable. Selon ses activités et ses besoins, il ne verra parfois aucun inconvénient à ce que le service ne soit pas disponible pendant une heure ou même une journée. Mais les clients n’accepteront jamais que le genre de logiciels que nous vendons reste indisponible aussi longtemps. OK, on peut bien commercialiser des contrats de maintenance ou d’autres de ce genre, mais ils sont souvent incroyablement chers. Et en plus, les clients ne paient pas que le logiciel, mais aussi l’assistance au cas où le logiciel irait mal. Même s’il fonctionne parfaitement et qu’il n’y a jamais de problème. C’est normal, ça?"